“Améliorer le cadre de vie et la propreté à Besançon” : pourquoi ce choix me semble être un retour en arrière
Mai 2026

Je pose ici ces quelques lignes sur mon ressenti et mon inquiétude suite à la nouvelle politique de fleurissement de la ville de Besançon. Un “parler de moi” tout simplement.


L’annonce récente de la municipalité de Besançon de multiplier par cinq le budget consacré au fleurissement m’a profondément interpellée. Derrière les chiffres — passer de 50 000 à 200 000 euros — et derrière les discours évoquant une ville « plus belle et plus fleurie », je ressens surtout une grande déception.

Car tout dépend, en réalité, de ce que l’on entend par « fleurir ».

“Un fleurissement urbain plus ambitieux et plus visible”

Augmenter massivement les moyens pour financer des plantes annuelles, des jardinières, des installations comme une horloge florale, ainsi que les intrants et l’arrosage intensif qu’exige ce type de fleurissement, ne constitue pas, à mes yeux, une avancée. Bien au contraire. Cela ressemble à un retour à des pratiques que beaucoup de collectivités avaient commencé à dépasser.

Un fleurissement résilient

J’étais particulièrement fière du modèle de fleurissement durable qui avait été progressivement mis en place à Besançon. Des fleurs sauvages, des plantes vivaces, des espaces évolutifs au fil des saisons, sans arrachage systématique. Un fleurissement qui respectait le sol, qui le protégeait, et même qui contribuait à l’améliorer.

Pour la santé de tout l’écosystème dont l’homme

Car il faut le rappeler : la santé du sol conditionne tout le reste.
La santé du sol, c’est la santé de la biodiversité (les pollenisateurs, les insectes, les champignons et les bactéries du sol).
Et la santé de la biodiversité, c’est aussi, directement, celle des habitants.

Ce lien est essentiel, et il me semble aujourd’hui fragilisé par ce changement d’orientation.

Le fleurissement un enjeu pédagogique

Forte de mon expérience en tant qu’adjointe à l’environnement à Pelousey pendant deux mandats, je considère le fleurissement d’une commune comme bien plus qu’un simple élément décoratif. C’est un véritable outil pédagogique, un exemple donné aux habitants. Une forme d’agriculture à petite échelle, visible par tous, qui doit montrer la voie vers des pratiques respectueuses des sols, économes en ressources, et adaptées aux réalités climatiques.

Or, ces réalités ont changé.

le fleurissement et les enjeux climatiques

Nous faisons face à des épisodes de sécheresse plus fréquents, mais aussi à des pluies plus intenses et à des phénomènes de ruissellement accrus. Dans ce contexte, le choix de plantes résistantes, pérennes, capables de s’adapter et de s’ancrer durablement dans les sols, n’est pas une option : c’est une nécessité.

Qu’est que la beauté d’une ville?

Et contrairement à certaines idées reçues, ce type de fleurissement est aussi esthétique — souvent même davantage. Il offre une beauté vivante, évolutive, en lien avec les saisons et le territoire. Une beauté moins artificielle, mais plus profonde.

Le fleurissement de Besançon était, à mes yeux, un modèle de résilience. Il incarnait une manière moderne et responsable de penser l’espace public.

C’est pourquoi la décision actuelle me touche autant. Elle donne le sentiment d’un retour en arrière, d’un renoncement à une vision pourtant en phase avec les enjeux écologiques d’aujourd’hui et de demain.

J’espère sincèrement que ce choix pourra être réinterrogé, ou du moins rééquilibré. Car fleurir une ville ne devrait jamais se faire au détriment du vivant — mais toujours en alliance avec lui.

Massifs de fleurs et sécheresse
Pelousey, Juin 2022